Guerre et Paix

Guerre et Paix

Dimanche 19  septembre  2021 à 15 heures

Grand Théâtre de Genève

« GUERRE et PAIX»
de Sergueï Prokofiev

Ta-da ! Quelle ouverture en tambour ! L’opéra le plus monumental de Prokofiev et du répertoire russe arrive enfin à Genève. Guerre et paix devrait plutôt selon certains s’appeler La Paix et la Guerre. Inspiré entre autres par l’invasion récente de la Russie par l’Allemagne nazie et la rupture du pacte Molotov- Ribbentrop, Sergueï Prokofiev, l’enfant prodigue rentré seulement quelques années auparavant au pays, s’attaque au molosse de Léon Tolstoï pour créer cette pièce aux disproportions monumentales.

Ce n’était pas la première tentative du compositeur de faire chanter la prose russe. Déjà il s’était attaqué au sortir du conservatoire au grand Dostoïevski avec Le Joueur. Et déjà, il dut attendre 1929, soit quinze ans, pour que l’œuvre soit finalement créée à Bruxelles. Chacun de ses opéras trouvera un destin semblable, ne freinant cependant pas la volonté de Prokofiev de continuer à développer et écrire ensuite L’Amour des trois oranges et L’Ange de feu dans ses années d’exil et Siméon Kotko et Les Fiançailles au couvent dès son retour en Russie. Évidemment, Guerre et Paix n’échappera pas à ce parcours mouvementé : un dialogue de sourds s’installera dès la présentation de la version chant-piano par le compositeur lui-même avec les autorités du parti ; les versions et les accidents se succéderont. L’œuvre ne sera créée dans son intégralité que fin 1959, soit six ans après la mort du compositeur qui mourra un jour avant Staline.
Est-ce en écho à ce tumulte que les scènes de La Paix restent parmi les plus beaux tableaux intimistes que Prokofiev ait écrits pour l’art lyrique, en opposition aux tableaux tsaristes – ou devrait-on plutôt écrire soviétiques – qui constituent l’essentiel de la seconde partie La Guerre, où le compositeur se voit obligé, dans un devoir de propagande journalistique, de glorifier les généraux russes et la victoire devant les troupes napoléoniennes ? Cependant, dans cette fresque fragmentée d’individus perdus dans la masse, Prokofiev parvient magistralement à narrer le passage de l’aventure individuelle à la lutte populaire, à un seul grand récit d’amour et de mort, peut-être même dans un vrai sentiment nationaliste.
Les septante-deux personnages seront dirigés par l’un des plus grands metteurs en scène d’opéra d’aujourd’hui, Calixto Bieito, pour la première fois dans l’institution genevoise. L’intensité émotionnelle développée par ce metteur en scène, expert en outre des scènes de foule, sera portée musicalement par le jeune chef argentin Alejo Pérez, de plus en plus présent sur les scènes d’opéra européennes. Il s’attaquera à cette partition magistrale aux côtés d’une distribution de solistes hautement diversifiée qui mélangera les grandes voix russes aux importants talents lyriques d’autres origines – citons Ruzan Mantashyan, Dmitry Ulyanov ou encore Björn Bürger.

Inscription   ICI  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *