« A TOUS CHŒURS » Proposition audiovisuelle de Hubert Grégoire
Dès la Renaissance, le Théâtre lyrique profane ou religieux, voire la Symphonie, firent du Chœur, une Voix collective dans ses diversités de groupes ou de mouvements où voisinent cortèges hiératiques et révoltes populaires, déploration et allégresse.
Au travers d’un certain nombre d’exemples plus ou moins familiers, nous commencerons à observer quelques aspects des mises en scène de ce théâtre de voix.
Opéra de Modeste Moussorgski Version Rimski-Korsakov, Orchestration de Chostakovitch Final de Stravinski Direction musicale Alejo Pérez
Après Boris Godounov, Moussorgski continue d’explorer et d’interroger l’histoire de la Russie. Il s’inspire, pour cet opéra, de la Révolte de Moscou de 1682, année où Pierre le Grand est sacré tsar. Alors que celui-ci souhaite réformer la Russie, il se heurte aux résistances de la noblesse et de l’église, la première conduite par le Prince Ivan Khovanski, la deuxième par les Vieux Croyants et leur chef Dosifei. A cette histoire tragique Moussorgski a donné la musique la plus fascinante qui soit, sombre et envoûtante, semblant venir du fond des âges.
« L’EXOTIME A L’OPÉRA » Conférence de Gérard Loubinoux
La racine éxô en grec veut dire « au dehors ». Exotique est donc ce qui est au-dehors ou qui vient du dehors. Question : du dehors de quoi ? Pour faire simple : de ce que nous considérons comme notre culture. Est d’autant plus exotique ce qui en est le plus éloigné géographiquement. Où commence l’exotique ? Rude question.
L’exotique est une chose ; l’exotisme une autre. C’est ce que, dans notre culture, nous récupérons de l’exotique et retravaillons pour lui donner une portée décorative, philosophique ou dramatique. À l’opéra l’exotisme va trouver deux ou trois sources d’inspiration : le dépaysement, la confrontation à l’Autre, des musiques sortant de nos critères académiques. C’est à ce voyage que nous convie Gérard Loubinoux dans sa conférence illustrée de nombreux exemples sonores.
Opéra de Henry Purcell Direction musicale Emmanuelle Haïm & Atsushi Sakai
Henry Purcell (1659 – 1695) n’est pas tellement à l’affiche de nos salles d’opéra. C’est donc l’occasionrêvée de redécouvrir ce compositeur en assistant à cette représentation de Didon et Enée. L’œuvre est assez courte (1 heure environ). L’Opéra deGenève a donc eu l’excellente idée d’agrémenter cetopéra d’intermèdes dansés qu’il a confié au collectif de danse-théâtre bruxellois bien connu : Peeping Tom. Emmanuelle Haïm, spécialiste s’il en est de la musique baroque, dirigera son ensemble, Le Concertd’Astrée, en association avec le compositeur et violoncelliste japonais Atsushi Sakai (composition et conception musicale) et Franck Chartier (mise en scène et chorégraphie). D’une durée d’1h50 environ sans entracte, ce spectacle chanté en anglais sera surtitré en français.
« LA KHOVANTCHINA » Conférence de Gérard Loubinoux En prélude à la représentation du dimanche 30 mars au Grand Théâtre de Genève
Après Boris Godounov, Moussorgski se replonge en 1872 dans l’histoire de la Russie des tsars qui le passionne et, cette fois, fait revivre la résistance d’une Russie féodale, authentique et pure – celle qu’il aime en bon « slavophile » et qu’il défend – face aux tenants d’une Russie moderne et ouverte à l’Occident qui finira par avoir le dessus.
Gérard Loubinoux, nous racontant ces luttes de pouvoir, ne manquera certainement pas de nous inviter à chercher, comme le souhaitait déjà le compositeur, « le passé dans le présent » : ce à quoi nous invitera également le metteur en scène Calixto Bieito.
Opéra en 3 Actes de Giacomo PUCCINI Avec Ermonela JAHO
« Chacun connaît le parcours de Cio-Cio San, une toute jeune femme qui se voue corps et âme à un officier américain de passage. Mariage factice et distrayant pour lui ; engagement éternel pour elle qui, dans sa dévotion, ne voit pas le piège qu’on lui tend. La partition de Puccini donne vie à cette âme candide, dévorée par l’égoïsme et l’inconséquence des hommes. Et dans une proposition scénique quasi religieuse où les regards s’incarnent, Andrea Breth, la grande femme de théâtre allemande accompagnera ses chanteurs dont Ermonela Jaho « la Butterfly de notre époque », de masques et de danseurs pour lire la violence intime de ce drame. Coproduction du Komische Oper de Berlin et du Festival d’Aix en Provence Ermonela Jaho en concert à Orange : https://www.youtube.com/watch?v=6tqCfUHJNIY
Hôtel International (ex Best Western), 19 Avenue du Rhône Annecy
» LA CHAUVE-SOURIS «
Tribune interactive en 2 actes, animée par P. Favre-Tissot-Bonvoisin, Gérard Loubinoux, Hubert Grégoire, Claude Guérin
Dans une version allégée de notre traditionnel rendez-vous de l’an neuf, nous allons prolonger notre thème de Novembre et vous convier à Vienne pendant une nuit de folie qui n’est ni une escapade de Batman ni publicité capillaire, et écouter la vengeance minutieusement organisée du Dr Falke envers son ami Gabriel von Esenstein, qui l’a contraint, au retour d’un bal costumé, à traverser la ville, déguisé en chauve-souris. Ceci, en confrontant avec légèreté, 4 interprétations.Avant de partager la galette, à défaut de Strudel, et trinquer, un verre de Sekt ou simplement de cidre à la main.
Opéra-Bouffe en 2 Actes de Gioachino ROSSINI Mise en Scène de Laurent Pelly
Fiorilla, lassée de son mari pantouflard – « il n’y a pas plus grande folie qued’aimer un seul objet » –, est prête à tout pour concrétiser cette maxime, déclenchant une farandole irrésistible de quiproquos et de rendez-vous où toutes et tous finissent par perdre la tête.
Après Orphée aux Enfers, Le Roi Carotte ou Barbe Bleue, nous retrouverons Laurent Pelly dans une mise en scène hilarante dans le style du Roman-Photo, en co-production avec le Teatro Real de Madrid.
Hôtel International (ex Best-Western), 19 Avenue du Rhône ANNECY
Rencontre Audiovisuelle avec Patrick Favre-Tissot-Bonvoisin
VIENNE Entre crépuscule du Romantisme et Art Nouveau Johann Strauss, Anton Bruckner et Ferruccio Busoni
Vers la fin du règne de Louis XIV, la capitale autrichienne éclipse Versailles, en accédant au rang de capitale européenne de la musique. L’apogée d’un baroque flamboyant, puis la période classique la confirment dans cette position de premier plan, où elle attire les maîtres de tous horizons.
Toutefois, les décès consécutifs de Beethoven et Schubert (en 1827 et 1828) marquent une véritable cassure dans la création viennoise, qui s’appauvrit temporairement. Dès le début des années 1830, Paris supplante donc Vienne, pour une place longtemps convoitée.
Malgré tout, l’après 1850 va ouvrir l’ère d’un renouveau sur les rives du Danube. Avant les orages cérébraux de la création inhérents à l’aube du XXème siècle, l’Autriche offre une vision bien particulière du Romantisme finissant, souvent précurseresse de l’Art Nouveau (Jugendstil), y compris dans le domaine phonique.
Fascinante, la création emprunte alors deux itinéraires principaux : soit l’apport d’autrichiens inspirés, qui parviennent à imposer leurs vues avec plus ou moins de difficultés (dans des registres différents, Bruckner et Johann Strauss) ; soit celui de compositeurs venus de l’extérieur mais pour lesquels les séjours viennois revêtiront une fonction capitale dans l’édification de la pensée créatrice (par exemple, Busoni). Nous vous convions ainsi à un véritable festival d’images et de sons, préfigurant ce qu’on nommera « L’Apocalypse joyeuse »… !